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Catégorie : Articles et informations médicales
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La rupture traumatique de l'insertion haute des ischio-jambiers reste une pathologie rare mais dont le retard de diagnostic peut avoir des conséquences fonctionnelles dramatiques.

Rappel anatomique :

Le groupe musculaire des ischio-jambier est composé de :

  1. La longue portion du biceps fémoral
  2. Le semi-membraneux
  3. Le semi-tendineux

Le semi-membraneux s'insère en haut sur la partie externe de la tubérosité ischiatique, en dedans du carré crurale et en dehors du tendon commun au long biceps et au demi-membraneux. Son action consiste en une extension de la cuisse sur le bassin et il imprime un mouvement de rotation interne à la jambe.

Le semi-tendineux est situé en arrière du semi-membraneux et en dedans du biceps. Il s'insère par un tendon commun avec le long biceps au niveau de la face postérieure de la tubérosité ischiatique, en dehors de l'insertion du grand ligament sacro-sciatique, en dedans du semi-membraneux et des faisceaux les plus reculés du grand adducteur. L'attache du semi-tendineux est placée en dessous et en dedans de l'insertion la longue portion du biceps. Son action est identique à celle du semi-membraneux.

La longue portion du biceps s'insère en haut sur la face postérieure de la tubérosité ischiatique avec le semi-tendineux par le même tendon. Son action consiste en une flexion de la jambe. La jambe étant fléchie, il devient extenseur de la cuisse  sur le bassin et rotateur de la jambe en dehors.

Rapports anatomiques :

Les muscles ischio-jambiers sont en rapports étroits avec le nerf sciatique.

Mécanisme traumatique :

De part les actions musculaires, on peut en déduire que le mécanisme traumatique consiste en une hyperflexion de la hanche combinée à une hyperextension de la jambe. On retrouve ces mécanismes dans le cas de grand écart, shoot dans le vide, un sprint, une chute en avant pied fixé au sol, ...

 Complications :

Un diagnostic et une prise en charge tardive peuvent conduire à une morbidité importante si le traitement chirurgical n'est pas entrepris dans un délai de trois à six semaines. Cette importante morbidité est due aux adhérences potentielles entre le tendon cicatriciel et le nerf sciatique, la rétraction tendineuse et l'atrophie musculaire.

Ce délai de prise en charge relativement court devrait être mis à profit pour obtenir une imagerie par IRM, une consultation en traumatologie et la programmation d'une intervention chirurgicale. L'absence de prise en charge chirurgicale peut conduire à des douleurs en position assise, une faiblesse à la marche, l'incapacité de reprise du sport.

Examen clinique :

L'apparition d'un hématome ou d'une ecchymose de la face postérieure de la cuisse peut être retardée et absente le jour de la consultation. Un vide peut être observé sous la tubérosité ischiatique. L'examen est toujours compliqué chez un patient algique. L'anamnèse reste primordiale au diagnostic (circonstances du traumatisme, douleurs en coup de poignard de la fesse, suivi d'une faiblesse du membre inférieur et d'une incapacité à prendre appui).

Diagnostic :

Le diagnostic se fait par la réalisation d'une IRM.

La réalisation d'une échographie lors de la consultation aux urgences peut apporter une aide, même si la sensibilité de cet examen n'est pas parfaite.

Technique échographique :

Le tendon conjoint du semi-tendineux et du long chef du biceps ainsi que le tendon du semi-membraneux se trouvent sur la partie postéro-latérale de tubérosité ischiatique. Les fibres musculaires débutent quelques centimètres sous l'insertion. Le nerf sciatique se trouve derrière ces tissus.

Placez le patient en décubtus latéral sur le côté sain. La hanche atteinte est positionnée en légère flexion.

On utilise la sonde courbe ou plane en fonction de la morphologie du patient.

Le premier repère est la tubérosité ischiatique qui apparaît hyperéchogène. Il correspond à l'origine des tendons. Suivez le tendon dont l'aspect normal montre un tissu organisé et linéaire en vue longitudinale et un faisceau discret en vue axiale. Une rupture complète se traduit par la présence d'une hématome hypoéchogène et l'absence de tendon au niveau de la tubérosité ischiatique avec une rétraction tendineuse. Une rupture incomplète se traduit par une solution de continuité hypoéchogène sans rétraction tendineuse. En cas de rupture tendineuse complète, on poursuit l'examen à la recherche de l'extrémité tendineuse rétractée.

Sources : https://www.medscape.com/viewarticle/893370_1 ; http://www.chirurgiedusport.com/___rupture_haute_des_tendons_ischio-jambiers_chez_le_sportif.-f-3-c-2330-sc-44-a-760105.html ; H. Rouvière, A. Delmas Anatomie Humaine, Tome 3, 12ème Edition Masson